Le compte à rebours est lancé pour les 96.653 bacheliers, invités à effectuer leurs demandes d’orientation sur Campusen. La plateforme a été prise d’assaut dès son ouverture le 17 août dernier. Plus de 60 000 ont déjà validé leur inscription. Toutefois, pour beaucoup de bacheliers, le stress et l’angoisse étaient au rendez-vous au moment de se connecter sur le site. Ces futurs étudiants craignent de faire face à des surprises, au sortir des résultats des orientations.
La célébration de son admission au baccalauréat aura été de courte durée. Papa Gueye passe désormais aux choses sérieuses. L’ancien élève au lycée de Guéoul, dans la région de Louga a réussi son examen avec une note de 11/20.
Son exploit est, selon lui, le fruit d’un travail et des efforts acharnés. « Je rends grâce à Dieu, c’est vrai que l’examen n’a pas été de tout repos. Il y a eu beaucoup de pression venant de ma famille. Mais tout est bien qui finit bien ».
Le bachelier tourne la page et se focalise désormais sur son avenir. Dès l’ouverture de la plateforme Campusen, Papa Gueye n’a pas traîné les pieds. Il s’est aussitôt inscrit et sa demande d’orientation validée avec succès.
Cependant son enregistrement dans la plateforme d’orientation a été tel un parcours de combattant. Pape Gueye dit avoir été ralenti par des blocages, avant de solliciter de l’appui. « J’ai effectivement été un peu perdu. J’ai eu des difficultés à effectuer seul mon inscription. Mais au finish, j’ai fait recours à des étudiants, venus nous assister au lycée de Guéoul. Grâce à eux, nous avons pu nous inscrire sans soucis majeurs », raconte-t-il.
Non loin de Guéoul, le climat reste encore nuageux à Kébémer, où le thermomètre affiche des températures élevées. Ici, Célestine Nina Ndecky joue encore les prolongations avant de se consacrer à sa demande d’admission sur Campusen. L’élève au lycée Sergent Malamine Camara, à Dakar, a obtenu son baccalauréat avec 272 points. Elle a choisi de célébrer son admission à Kébémer, auprès de ses grands-parents.
Célestine est tout de même consciente des défis qui l’attendent à l’avenir. Elle se démène déjà pour essayer de comprendre la plateforme Campusen, dont elle ne s’est pas encore imprégnée. « Je ne sais pas encore comment fonctionne la plateforme car je n’ai pas une bonne connaissance des informations tournant autour. Je compte tout de même me rendre dans un cyber pour solliciter un peu d’aide », affirme-t-elle.
Alors que la plateforme enregistre déjà plus de 60 000 inscriptions, la jeune bachelière reste, elle, indécise. Célestine peine à faire un choix. Elle souhaiterait cependant poursuivre ses études dans un établissement public au Sénégal. « J’aimerais bien poursuivre mes études dans une université au Sénégal, plus précisément à l’université Gaston Berger de Saint-Louis », atteste-t-elle.
« Je crains pour mon avenir »
Pour sa part, Papa Gueye ne cache pas ses inquiétudes, même après avoir effectué sa demande. Le futur étudiant, soucieux de son avenir, confie avoir été méticuleux dans ses choix. « Je suis stressé car je crains pour mon avenir. Un choix fait, si c’est validé malgré moi, peut se répercuter négativement sur mon futur », confesse-t-il.
Avec la version 2.0 de Campusen, marquée par l’intégration de l’Intelligence artificielle, le bachelier se voit proposer ses potentiels choix, en fonction de ses notes. Ce qui, d’après Papa Gueye, n’accorde pas la possibilité au postulant de cocher librement les filières qui lui conviennent le plus. « Maintenant l’orientation se fait en fonction du nombre de places disponibles dans les universités et instituts. Ce qui ne garantit pas forcément la validation de nos premiers choix », estime Papa Gueye.
L’enfant de Guéoul souhaite étudier la Philosophie, les Sciences juridiques ou encore l’Espagnol, une fois orienté dans une université au Sénégal.
Moustapha Diakhité

![[Reportage] : Campusen, les bacheliers à l’épreuve du choix](https://reperesmagazine.com/wp-content/uploads/2026/08/CAMPUS-1024x683.jpg)