Suite à leur plan d’action de 72h de grève générale, les centrales syndicales, y compris les enseignants, s’engagent à observer une trêve dans le cadre des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026.
Pour la première fois, la 4e édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse se tient en terre africaine. Un événement historique qui se joue en République du Sénégal, notamment à Dakar.
Toutefois, au moment où les préparatifs des compétitions battaient leur plein, le climat social bouillonnait dans la capitale. Réunis au sein du Front Syndical pour la Défense du Travail (FSDT), un collectif de treize syndicats de divers secteurs d’activités avait déclenché une grève générale de trois jours. Un mot d’ordre de 72h (les 21, 22 et 23 octobre), pour réclamer l’application des protocoles d’accords pour l’amélioration des conditions de travail dans ces secteurs, notamment la revalorisation des pensions de retraite, le recul de l’âge de départ obligatoire à la retraite de 60 à 65 ans ou encore le paiement des indemnités. Parmi ces secteurs, la santé, l’électricité, l’enseignement supérieur et l’éducation nationale.
Cet appel à la grève intervient à quelques jours du démarrage officiel des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar. Du 31 octobre au 13 novembre 2026, quelque 2.700 athlètes compétissent dans diverses disciplines.
Une grande réussite de ces jeux, c’est la mission principale que se donne le Comité d’Organisations des Jeux Olympiques de la Jeunesse (COJOJ) et au plus haut sommet le Comité International Olympique (CIO). Pour y parvenir, préserver un climat social apaisé reste une condition capitale. C’est ainsi que le président du COJOJ a convié les centrales syndicales à une rencontre pour discuter de la nécessité de contribuer au bon déroulement de ce rendez-vous sportif international. La délégation des organisations syndicales était composée de représentants de la CNTS, de la CSA, de la CNTS/FC, de l’UNSAS et de la CNTS/FC/A, sous la conduite de Mody Guiro, secrétaire général de la CNTS.

Dans un communiqué conjoint du COJOJ et du regroupement des centrales syndicales, Mamadou Diagna Ndiaye qui dirige l’instance en charge de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse « a rappelé la décision historique du CIO de confier à la République du Sénégal, pour la première fois en terre d’Afrique, l’organisation de la 4ème édition des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’été ». Il a aussi insisté sur l’attachement particulier du COJOJ Dakar 2026 à la promotion et au respect des droits fondamentaux, ainsi que sur sa volonté affirmée de faire des JOJ Dakar 2026 un modèle de durabilité et de performance sociale.
Une main tendue que les parties syndicales acceptent. Elles s’engagent ainsi à ne pas perturber les JOJ. Selon la note, les JOJ constituent, d’après les syndicats, un événement symbolique, méritant une mobilisation collective de toutes les forces vives de la Nation.
« Les enseignants ont toujours fait preuve de patriotisme et de responsabilité »
Ils ont été l’élément déclencheur de la fronde syndicale. Les organisations d’enseignants, regroupées au sein du G7 ont initié la grève totale de trois jours pour dénoncer une non matérialisation du protocole d’accords, signé le 16 avril 2026 avec le gouvernement.
Un appel à perturber le début de l’année scolaire qui a interpellé les plus hautes autorités du pays. Dans une sortie, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo a appelé les organisations syndicales à observer un moratoire sur ces grèves générales et à privilégier la voie du dialogue pour trouver des solutions aux difficultés soulevées.
Le ministre de l’Éducation nationale est par la suite monté au créneau pour plaider « une trêve pendant l’événement ( JOJ ) », invoquant la nécessité de préserver l’image du Sénégal et les efforts consacrés à son organisation.
Une main tendue finalement acceptée par les syndicats d’enseignants, motivés notamment par la rencontre à l’initiative du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse que préside Mamadou Diagna Ndiaye.

Joint par REPÈRES, El Hadj Malick Youm, secrétaire général du G7 confirme que les enseignants accèdent à la requête.
« Les enseignants ont toujours fait preuve de patriotisme et de responsabilité. À ce titre, nous souhaitons, comme tout sénégalais, un déroulement des Jeux Olympiques et surtout une réussite totale. Afin que le Sénégal continue de triompher », rassure-t-il.
Cependant, leur combat est loin de s’achever.
« Nous rappelons que le gouvernement doit prendre au sérieux les lourdes menaces qui pèsent sur l’année scolaire 2026 – 2027 en raison du non-respect des accords, mettre en œuvre les accords signés, c’est le seul gage de stabilité de l’année », avertit El Hadj Malick Youm.
Moustapha Diakhité

