Elle ne devrait pas tarder à s’ouvrir. Campusen, la plateforme mise en place depuis plus d’une dizaine d’années pour assurer l’orientation des bacheliers dans les universités publiques et dans les Instituts Supérieur d’Enseignement Professionnel (ISEP).
Il s’agit d’un portail web conçu et hébergé par le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Pour être orienté, le bachelier devra tout d’abord s’inscrire. Il recevra de ce fait un identifiant et un mot de passe.
Ce qui lui permettra de surfer sur la plateforme, de remplir les formalités exigées et enfin choisir les filières qui lui conviennent, conformément à son relevé de notes au Bac.
Sur les 18 propositions dans les universités publiques et 18 dans les ISEP, seule une filière sera validée par le ministère de l’Enseignement où le bachelier est désormais orienté. Campusen demeure ainsi le passage obligé aux étudiants pour être orientés.
Ils sont des milliers de bacheliers qui s’inscrivent sur la plateforme. En 2024 seulement, 86,83% des candidats admis au Bac ont été enrôlés sur la plateforme pour une proposition d’orientation.
Les bacheliers ayant été validé sont par la suite invités à s’acquitter de leurs droits d’inscription avant la date limite qui leur a été notifiée. A défaut, ils seront considérés par le ministère, comme ayant renoncé définitivement à leur orientation et perdent toute possibilité de s’inscrire dans les établissements publics d’enseignement supérieur.
En juin 2025, l’ancien ministre de l’Enseignement Supérieur, Abdourahmane Diouf avait exprimé ses inquiétudes face au nombre élevé d’abandon dans les universités.
Selon lui, un étudiant sur quatre quitte les amphithéâtres dès la première année. Les raisons sont multiples mais l’ex-patron de l’Enseignement Supérieur avait pointé l’orientation non pertinente comme facteur majeur.
Campusen offre tout de même la possibilité de refaire ses choix d’orientations. Il s’agit d’une « session de remplacement ». Une fenêtre ouverte plus tard dans l’année (généralement en octobre) pour soumettre à nouveau les 18 choix parmi les universités publiques et les ISEP. Cependant, cette bouffée d’air ne se termine pas toujours par un « ouf de soulagement ».
L’étudiant qui avait nourri un fort espoir de réussir son cursus universitaire n’aura d’autre choix que de s’inscrire dans un institut privé, de tenter des concours d’Etat ou encore de s’adonner aux petits-métiers.
Pour relever les défis de l’orientation et freiner les cas d’abandon universitaire, le ministère de l’Enseignement Supérieur avait initié l’année dernière le concept « Universalon, un Salon des universités sur l’orientation, l’apprentissage, la formation ».
Une initiative pour mieux imprégner les bacheliers sur les offres de formations existant au Sénégal et le guider à faire les bons choix.
« L’idée, c’est de réussir l’orientation de l’étudiant parce que beaucoup d’étudiants échouent tout simplement parce qu’ils n’ont pas été bien orientés. Pas parce qu’ils n’ont pas été bien orientés par le système, mais parce qu’ils se sont trompés eux-mêmes dans le choix de leur orientation », avait déclaré Abdourahmane Diouf.
Une initiative qui devrait pour cette année être relancée voire remodelée afin de présenter aux futurs étudiants, les possibilités d’orientation qui s’offrent à eux mais aussi et surtout les réalités en enjeux liés à l’enseignement supérieur.
Par Moustapha Diakhité

