Sortir, voyager, jouer, tel est le projet de plusieurs écoliers et parents d’élèves en cette période de grandes vacances scolaires. Pour se faire, l’inscription dans une collectivité éducative reste la donne. Loin de se limiter qu’à une simple immersion dans un lieu précis pour jouer ou apprendre, ces sorties demeurent très encadrées et obéissent à plusieurs exigences. Pour leur tenue, plusieurs dispositions sont prévues par la loi sénégalaise, qui n’hésite pas à sévir en cas de manquement.
Elles sont devenues une tradition. Comme chaque année, alors que l’école fait ses adieux, les affiches publicitaires et flyers inondent l’internet et les réseaux sociaux pour annoncer la tenue de collectivités éducatives communément appelées colonies de vacances.
Elles sont nombreuses, les écoles ou institutions éducatives à en organiser durant l’été, moment où la météo affiche des pics de chaleur. Lac Rose, Saly, les Îles Saloum, Dindéfélo, Banjul, Praia, sont, entre autres, les destinations les plus prisées. Chacun y va pour son propre compte dans l’organisation de ces sorties.
Considérée comme un séjour de loisirs éducatifs pendant les vacances scolaires, une « colo », est faite pour les mineurs (généralement de 4 à 17 ans) sans les parents. Cet accueil collectif avec hébergement dure de quelques jours à plusieurs semaines.
Les enfants y évoluent dans un environnement propice à leur épanouissement, loin du cadre familial. Il favorise l’autonomie et la socialisation à travers diverses activités. Sa tenue nécessite cependant, de se conformer aux orientations de la loi.
L’organisation de colonies de vacances, une législation stricte
Vu de loin, l’on croirait à une préparation abordable, voire banale. Une simple sortie pédagogique comme en font beaucoup d’écoles, en regroupant des élèves de la petite, de la moyenne et de la grande section. Mais rien de tout cela.
Tenir une colonie de vacances répond à plusieurs préalables, notamment des procédures juridiques précises. Parce qu’étant des pratiques strictement encadrées par la loi sénégalaise.
Avant tout, il faut retenir que c’est depuis les années soixante que des colonies de vacances se tiennent. A l’époque on parlait « d’Activités de plein Air », puis « Centres de vacances », à l’occasion des premières journées pédagogiques nationales de l’éducation populaire, tenues à Diourbel les 5 et 6 Mai 1963.
Au fil des années, les colonies deviennent une mode. Ainsi pour mieux les encadrer et organiser leur déroulement, le ministère de la Jeunesse et des Sports d’alors publie deux Décrets : le n°61-1081, puis le n°81-681 du 7 juillet 1981.
Ces dispositions organisent les conditions d’hygiène et de sécurité des communautés éducatives. Elles régissent et contrôlent aussi la qualité du personnel, chargé d’encadrer les participants.
Aussi, après validation par les autorités, sénégalaises, le Décret n°81-681 du 7 juillet 1981 a officiellement remplacé le concept « Colonie de vacances » par « Collectivités Educatives ».
Ce terme englobe outre les secteurs traditionnels (colonies de vacances, patronages, centre aérés, chantiers, camps d’adolescents, caravanes), les mouvements et associations de jeunesse dits « d’éducation populaire ».

Un personnel qualifié exigé
L’organisation, le suivi et l’encadrement des colonies requiert des ressources humaines qualifiées et de qualité. Un personnel qui doit être validé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, conformément au Décret n°81-681 du 7 juillet 1981. Une équipe dont les membres doivent être « diplômés d’Etat » et avoir valablement « l’autorisation d’exercer ».
Cette équipe doit comprendre le Directeur de la colonie qui est le responsable juridique de l’activité. Il est chargé de formuler et d’adresser des demandes d’autorisation au ministère, qui les valide ou non. Celui-ci doit être assisté par un Adjoint.
Vient ensuite l’Adjoint sanitaire. Comme le stipule la législation, il doit s’agir d’un médecin résident avec un à la clé un BAC+7 ou BAC+8. Il peut aussi s’agir d’un infirmier d’Etat ou un Etudiant en Master 2 en Médecine.
Le personnel doit par ailleurs disposer obligatoirement d’un Maître-nageur. Surveillant de baignade, il a pour mission d’accompagner les activités nautiques (avec l’autorisation d’exercer). Il doit aussi disposer d’un diplôme.
Un intendant est aussi recommandé à la délégation pour assurer la logistique. Il est également responsable de la restauration, de la lingerie et ou encore de l’hygiène.
L’équipe doit en plus être composée d’un moniteur disposant d’un diplôme d’Etat. Il est chargé de superviser les activités des enfants.
Un personnel technique est par ailleurs exigé. Notamment un chauffeur qualifié, un cuisinier et un technicien audiovisuel.
Moustapha Diakhité

