En ce mois d’Août, période où les vacances scolaires battent leur plein, les collectivités éducatives se déploient. Plusieurs associations ou organisations se mobilisent et s’affairent dans la tenue de colonies de vacances dans les quatre coins du pays ou à l’extérieur. Diverses activités sont inscrites dans l’agenda, pour assurer aux élèves de beaux moments de détente, après une année scolaire charnière.
Dépôts de documents administratifs, demandes d’autorisation au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports, rencontre avec les parents d’élèves, vérifications de données, visites de terrains, c’est la course contre la montre dans beaucoup d’écoles et d’organisations initiatrices de colonies de vacances.
C’est le cas de l’association Enfance Sourire Sénégal, spécialisée dans le bien-être et l’épanouissement des enfants et des adolescents dans le pays. Cette société s’apprête abrite une colonie de vacances privée. L’évènement se tient du 30 juillet au 13 Aout 2026 à Lac Rose, à environ 35 kilomètres dans le Nord-Est de Dakar.
15 jours, c’est la durée que se fixe l’association pour atteindre son objectif : « la tenue d’une colonie de vacances pour contribuer à l’éducation, à la socialisation et au bonheur des enfants, dans un cadre sécurisé et encadré par une équipe passionnée ».
Mais la réussite de cette mission requiert d’emblée de se conformer aux normes. « La particularité des colonies privées est qu’il s’agit d’un produit que nous vendons à des particuliers. Nous avons exposé nos activités dans un document de huit pages que le parent doit consulter. Nous y avons mis les clauses. S’il est d’accord sur le principe, nous organisons une rencontre physique où il a la possibilité de poser des questions pour les détails. Lorsqu’on tombe d’accord, il signe les documents et régularise l’inscription en validant l’acompte », explique Réné Mame Waly Sarr, directeur d’Enfance Sourire Sénégal.
S’ouvre alors une autre étape dans le processus de préparation de la colonie de vacances. Dans cette phase, les associations s’attèlent dans l’analyse et dans la vérification de données des élèves-participants. Extraits de naissances, fiches d’aptitude médicale, copie du tuteur légal, autorisations de baignade, autorisations de prise d’images…tout est scruté et validé en collaboration avec les parents.

Baignades, sports, veillées…bouger et apprendre pour s’épanouir
Une fois les formulaires d’inscription remplis, les demandes d’autorisations validées et les moyens mobilisés, le top départ est donné pour la villégiature. Un séjour de deux, voire trois semaines pour des dizaines d’enfants, pour leur permettre de changer d’air. Un nouveau souffle afin de mieux rafraîchir la mémoire et la préparer pour la prochaine année scolaire.
Pour y parvenir, les organisateurs inscrivent dans leurs agendas diverses activités. « Quand on va en colonie, beaucoup d’excursions se font. On en organise au moins trois à quatre sur les quinze jours. Mais plus on s’éloigne du Sénégal, plus on multiplie le nombre d’excursions. C’est important pour l’aspect découverte », précise Réné M. W. Sarr.
Le directeur d’Enfance Sourire Sénégal indique par ailleurs qu’un volet culturel est au programme. « Tous les soirs, nous organisons des veillées de différentes thématiques. Il y a des veillées de type ‘‘kassak’’, avec la mise en scène de ‘‘kankourang » et des circoncis. Des veillées ethniques se tiennent aussi pour faire connaître les différentes ethnies. Nous tenons aussi des feux de camp, de même que des veillées contes et légendes, assurées par un volontaire déguisé en ‘’grand-père’’ avec les enfants autour du feu. Le cadre est installé pour permettre aux enfants vivant en zone urbaine et qui n’ont jamais connu ces réalités, de se ressourcer », détaille M. Sarr.
En ce qui concerne les activités sportives, le ministère de la Jeunesse et des Sports définit chaque année le thème qui doit être employé dans les collectivités éducatives. Cette saison, la thématique porte sur « les Jeux Olympiques de la Jeunesse », dont l’organisation est prévue en octobre prochain à Dakar.
« On fera cette année beaucoup de sport, des compétitions par équipes, des activités où les enfants sont séparés en plusieurs groupes pour compétir », le tout suivant l’esprit des J.O.J, souligne le patron de l’association Enfance Sourire Sénégal.

Ce que gagne l’enfant ?
Au terme des colonies de vacances, les organisateurs passent au bilan. Tout est mis au peigne-fin pour examiner ce qui a marché et ce qui l’est moins. Le curseur est en grande partie mis sur l’évolution de l’enfant, qui au terme de l’année scolaire, a préféré vivre l’aventure.
Pour beaucoup d’associations, à l’image d’Enfance Sourire Sénégal, un bilan positif est toujours noté au tableau. « L’expérience que nous avons eu montre qu’un travail est fait sur le plan de la socialisation de l’enfant. Ils sont nombreux à être seuls dans leurs appartements. Leurs parents souhaitent qu’ils évoluent dans un cadre social, qu’ils apprennent à se faire des amis, à cohabiter puisqu’ils sont logés à deux ou trois par chambre selon les hôtels », indique notre interlocuteur.
En dehors de l’aspect social, l’enfant en colonie apprend aussi à être autonome renchérit-il. « Par exemple, on invite l’enfant à faire certaines tâches. Son lit, il doit le refaire seul. Ranger ses draps. Il doit aussi apprendre à manger par lui-même. Mais aussi à respecter les réalités socio-culturelles comme le fait de saluer lorsqu’on se réveille et dire Merci. Nous avons vraiment des retours très positifs après chaque colonie de vacances », confie-t-il.
Au moment où les vacances scolaires atteignent leur apogée, beaucoup d’élèves plongent en colonie à la découverte d’un nouveau cadre de vie. Toutefois, des milliers préfèrent les passer chez eux, dans leurs secteurs, chacun en ce qui le concerne, fixant son propre agenda pour une « pause école » récréative.
Moustapha Diakhité

