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	<title>Archives des bourses - Repères Magazine</title>
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		<title>Université Sénégalaise: pour une introspection collective et une paix durable</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 11:42:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’université sénégalaise traverse, depuis plusieurs années, des turbulences récurrentes. Les tensions entre étudiants, autorités académiques et pouvoirs publics surgissent périodiquement, compromettant le climat d’apprentissage, fragilisant l’image de nos institutions et hypothéquant l’avenir de milliers de jeunes. Des établissements emblématiques comme l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Gaston Berger ou encore l’Université Alioune Diop de [...]</p>
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<p><strong>L’université sénégalaise traverse, depuis plusieurs années, des turbulences récurrentes. Les tensions entre étudiants, autorités académiques et pouvoirs publics surgissent périodiquement, compromettant le climat d’apprentissage, fragilisant l’image de nos institutions et hypothéquant l’avenir de milliers de jeunes. Des établissements emblématiques comme l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Gaston Berger ou encore l’Université Alioune Diop de Bambey ont, à différents moments, été le théâtre de crispations qui traduisent un malaise plus profond que les revendications ponctuelles. Mais au-delà des faits, une question essentielle s’impose : avons-nous collectivement fait notre introspection ?</strong></p>



<p>L’apaisement commence par une vérité simple : il n’y a pas un seul responsable. L’université est un investissement stratégique, non une charge budgétaire. Les retards dans les paiements, l’insuffisance d’infrastructures, la massification non maîtrisée et les lenteurs administratives alimentent la frustration. Une planification rigoureuse, transparente et anticipative est indispensable. C’est pour cette raison que l’élaboration de l’Agenda national de transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) ainsi que les rencontres initiées pour la révision du décret n° 2014-963 du 12 août 2014 sont à saluer.</p>



<p><strong>Aux autorités académiques</strong></p>



<p>La gouvernance universitaire exige écoute, communication et pédagogie. Le déficit de dialogue ou la rigidité dans la gestion des crises peuvent transformer des tensions gérables en conflits ouverts.</p>



<p><strong>Aux Forces de Défense et de Sécurité</strong></p>



<p>Le maintien de l’ordre ne saurait être source de désordre, de bastonnade, de destruction de biens appartenant à autrui et de répression sévère comme ce fut le cas ces dernières années et notamment lors des manifestations du 09 février à l’UCAD.</p>



<p><strong>Aux étudiants</strong></p>



<p>La revendication est un droit. Mais la violence, l’intimidation, la destruction de biens publics ou la perturbation systématique du calendrier académique compromettent votre propre avenir. Bouder une réunion durant laquelle il est possible de consigner ses avis, accords et désaccords, n’est pas digne de ceux qui aspirent à devenir les futurs dirigeants de ce pays. La rue ne peut devenir l’unique espace d’expression universitaire.</p>



<p><strong>Aux parents et à la société</strong></p>



<p>L’université reflète notre société. Si la société banalise l’irrespect, la défiance et l’impulsivité, l’université en sera le miroir. Nous avons formé des générations à l’accumulation des savoirs, mais avons-nous suffisamment formé à la maîtrise de soi ? L’intelligence émotionnelle, cette capacité à reconnaître, comprendre et gérer ses émotions et celles des autres, devient aujourd’hui un impératif national. Elle implique la gestion de la frustration, l’écoute active, la capacité à négocier sans agresser, la maîtrise du langage et du comportement, le respect des divergences. Une communauté universitaire émotionnellement mature est une communauté capable de transformer la colère en proposition et la revendication en dialogue constructif. Il urge d’introduire dans les curricula des modules de formation sur l’intelligence émotionnelle et le développement personnel pour que l’université ne se limite plus à inculquer des savoirs et des savoir-faire mais surtout des savoir-être et savoir- devenir.</p>



<p><strong><em>Justice et respect : les piliers d’une paix durable</em></strong></p>



<p>Il ne peut y avoir de paix sans justice. Il ne peut y avoir d’autorité sans respect. Il ne peut y avoir de respect sans exemplarité. La justice suppose l’équité dans le traitement des dossiers, la transparence dans la gestion, la sanction des abus, d’où qu’ils viennent. Le respect suppose le respect des institutions, le respect des personnes, le respect des engagements. La violence affaiblit tout le monde. La justice élève tout le monde.</p>



<p><strong><em>Pour une nouvelle culture universitaire</em></strong></p>



<p>L’université sénégalaise doit devenir un espace de débat, non de confrontation&nbsp;; un lieu d’excellence, non d’instabilité&nbsp;; un creuset de leadership responsable. Il est temps d’instaurer des cadres permanents de dialogue étudiants-autorités, des modules obligatoires sur la citoyenneté, l’éthique et l’intelligence émotionnelle, des mécanismes de médiation indépendants, une culture de redevabilité partagée</p>



<p><strong><em>L’introspection comme acte de courage</em></strong></p>



<p>L’introspection n’est pas une faiblesse. C’est un acte de maturité collective. Chaque acteur doit se poser trois questions simples : ai-je respecté l’institution ? Ai-je respecté l’autre ? Ai-je contribué à la solution ou au problème ? La paix durable ne viendra pas d’un décret. Elle naîtra d’un changement de posture.</p>



<p><strong><em>Choisir l’élévation</em></strong></p>



<p>Le Sénégal a toujours fait de l’éducation un pilier de son développement. L’université ne doit pas devenir un champ de bataille, mais rester un sanctuaire du savoir. Apaiser la situation exige responsabilité, intelligence émotionnelle et culture de justice.<br>C’est à ce prix que nous préserverons l’avenir de notre jeunesse et la stabilité de notre nation. La paix universitaire n’est pas l’absence de revendications. C’est la capacité à les exprimer sans se détruire.</p>



<p>Mame Diarra Diop</p>



<p></p>
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		<title>Tensions autour des bourses: la racine du mal</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 13:24:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’origine, la politique d’octroi des bourses au Sénégal était sélective et limitée. La priorité était donnée aux étudiants méritants ou devant poursuivre leurs études hors du pays. Le mouvement étudiant de 1968 marque cependant une date charnière. Les autorités, pour faire face aux tensions liées à l’augmentation des effectifs et aux contraintes budgétaires, ont [...]</p>
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<p><strong>A l’origine, la politique d’octroi des bourses au Sénégal était sélective et limitée. La priorité était donnée aux étudiants méritants ou devant poursuivre leurs études hors du pays. Le mouvement étudiant de 1968 marque cependant une date charnière. Les autorités, pour faire face aux tensions liées à l’augmentation des effectifs et aux contraintes budgétaires, ont été obligées de formaliser le cadre administratif des allocations d’études. Il faudra néanmoins attendre jusqu’en 2014 pour avoir enfin un cadre juridique principal qui encadre les allocations d’études dans l’enseignement supérieur.</strong></p>



<p>Les bourses d’études au Sénégal étaient, après les indépendances, réservées à une élite. Ce qui pouvait se comprendre puisque le système hérité de la colonisation n’avait permis jusque-là qu’à une infime partie de la population d’avoir la chance de fréquenter l’école. Les effectifs de l’université ont, cependant, commencé à croître à la suite de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Ce qui va déboucher sur le mouvement étudiant de 1968 contre notamment une réforme du baccalauréat qui diminuait les bourses d’études des étudiants.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Les manifestations estudiantines de 1968, un tournant </strong></p>



<p>La contestation de mai 1968 a fait chanceler le pouvoir de feu Léopold Sédar Senghor. Ses successeurs, conscients que la question des allocations d’études peut provoquer des tensions sociales à même de faire tomber leur régime, vont ainsi tenter d’anticiper les futurs problèmes en essayant de formaliser le cadre administratif. Le président Abdou Diouf, qui sera confronté au même problème dans les années 90, va, de ce fait, prendre le décret D/92/014 du 4 janvier 1992 portant attribution des bourses d’études supérieures pour l’année 1991-1992 à des personnes nommément désignées selon les crédits inscrits au budget de l’Etat. C’est sous le magistère d’Abdoulaye Wade que l’arrêté numéro 9340 du 26 octobre 2010 crée la commission nationale d’attribution des bourses sociales. Il faudra attendre jusqu’en 2014 avec l’avènement de Macky Sall au pouvoir pour avoir un cadre normatif global dans un contexte marqué par la contestation estudiantine qui va découler sur la mort de Bassirou Faye le 14 août. </p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Le décret numéro 2014-963 du 12 août 2014</strong>, <strong>texte de référence</strong></p>



<p>Le décret numéro 2014-963 du 12 août 2014 constitue aujourd’hui le texte de référence structurant le régime juridique des bourses universitaires au Sénégal. Il marque un tournant dans la gouvernance des allocations d’études dans notre pays avec un cadre normatif structuré et unifié. Il y a eu dès lors une différence fondamentale dans la démarche qui se basait surtout sur des pratiques administratives, des textes dispersés et des arrêtés ministériels. Il consacre deux commissions : la commission compétente pour l’attribution et le renouvellement des bourses d’excellence, des bourses pédagogiques, des bourses de mobilité et des bourses de coopération et la commission compétente pour l’attribution et le renouvellement des bourses sociales et des aides. Avec son entrée en vigueur, la bourse n’est plus quasi automatique mais elle est désormais soumise à des critères académiques et sociaux clairement définis. </p>



<p>C’est le décret de 2014 qui est aujourd’hui remis en question. Le moment est-il venu de le réformer ? L’Etat veut un texte adapté qui permet de mieux gérer les ressources qu’il mobilise chaque année pour le paiement des bourses et motiver l’excellence dans nos universités. En 2025, environ 105 milliards de FCFA ont été mobilisés pour les bourses contre plus de 90 milliards déboursés en 2024.</p>
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