N’est pas professeur titulaire de classe exceptionnelle des universités qui veut. Non seulement il faut faire de longues études, mais aussi passer des concours très sélectifs. Mais pour Yankhoba Isaac Ndiaye, les défis sont faits pour être relevés. Même si cela implique de changer de filière sur un coup de tête.
L’ancien élève du lycée Malick Sy de Thiès a été orienté au département d’anglais de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar après le baccalauréat. Mais, en allant voir ses anciens camarades de classe inscrits à la faculté de droit, il a été subjugué par l’éloquence de leurs professeurs. Le tout nouvel étudiant a ainsi décidé de rejoindre ses amis en changeant d’option, pour faire du droit sa nouvelle passion. Puis, l’appétit est venu en mangeant. Le thiessois a survolé ses études pour obtenir tour à tour une Maîtrise en Sciences Juridiques et Politiques option judiciaire à l’UCAD, un DEA Droit privé fondamental et un DEA de Droit Social à l’Université de Poitiers. En 1989, il est devenu Docteur d’état en Droit privé mention droit du travail à l’UCAD et a obtenu son Agrégation des Facultés de Droit en Droit privé en 1993.
Un pédagogue hors pair
L’inscription en faculté de droit, pour l’ancien vice-président de l’Assemblée de l’université Cheikh Anta Diop, est donc un choix qui s’est imposé. L’enseigner aussi. Alors qu’il venait de bénéficier d’une bourse de troisième cycle pour la France, il est rentré au Sénégal au moment où la coopération avec l’hexagone commençait à se restreindre, notamment dans le domaine de l’enseignement supérieur. Yankhoba Isaac Ndiaye a été en 1981 pour dispenser des cours à l’université au grand bonheur de ses futurs étudiants. Ces derniers retiennent de lui son esprit d’ouverture, son sens du partage et de la pédagogie. C’est surtout sa capacité à transmettre le savoir qui est magnifiée.
Un Thiessois dans l’âme
L’un des plus hauts faits d’armes de Jacob comme l’appellent ses intimes, est d’avoir eu le privilège d’être vice-président du Conseil constitutionnel de 2009 à 2015. L’ancien doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’UCAD de 2001 à 2007 s’est aussi fait une renommée au-delà de nos frontières. C’est pour cette raison qu’il est fréquemment en mission d’enseignement à travers le monde. D’ailleurs, ce 23 février il se trouvait précisément à Arusha en Tanzanie pour les besoins d’un séminaire. Mais malgré son calendrier chargé, celui qui fut Secrétaire général de la Conférence des juridictions africaines de 2009 à 2015, trouve toujours le moyen de revisiter son passé. Le doyen honoraire de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’UCAD en 2018 est certes originaire de Saint-Louis de par son père Isaac Ndiaye, mais c’est à Thiès qu’il est né. Une localité à laquelle il est très attaché, surtout que la plupart de ses amis vivent là-bas. Malgré son statut, il a su trouver le temps de les retrouver tous les dimanches durant les vingt dernières années. Une belle preuve de fidélité de sa part.
Yankhoba Isaac Ndiaye est aujourd’hui le président du Conseil d’administration du Centre de formation judiciaire. Un rôle stratégique pour lui permet de marquer davantage son empreinte dans l’univers du Droit. Dans la perception qu’il se fait de sa Discipline, le professeur émérite confie au magazine Repères que « le visage du magistrat compétent, indépendant et impartial rassure le mieux pour davantage participer à la consolidation de l’Etat de droit et la Démocratie« . Pour Jacob, « les exigences de la vie en société conditionnent le magistrat à s’adapter en se formant en continu« .
