C’est une école pas comme les autres. À Dakar American University of Sciences and Technology (DAUST), des dizaines de projets innovants et technologiques, susceptibles de booster le développement économique du continent africain sont produits chaque année par les étudiants. Des inventions qui touchent divers secteurs tels que l’agriculture, l’industrie, les télécommunications ou encore l’intelligence artificielle.
Tracteur, tricycle, buggy…C’est un décor captivant, dès le premier pas dans les lieux. Loin de les déparer, les rais de lumière, émis par les rayons soleil en cette mi-journée, illuminent ces engins, exposés par endroit dans la cour de l’université privée. Des machines qui symbolisent ce joyau, implanté dans la localité de Somone, sur la petite côte, dans la région de Thiès.
« Le choix de DAUST ici à Somone, c’est le destin. L’idée au départ était de nous installer à Dakar. En 2017, on était en quête de locaux. Mais cela n’a pas été facile. Par Hasard, Dr. Ndao (le fondateur, NDLR) est venu ici à Somone et est tombé amoureux du cadre de vie. C’est ainsi que nous nous sommes installés ici », se rappelle Dr. Amadou Lamine Touré, Directeur académique de DAUST.
Depuis sa création en 2017, Dakar Université of Sciences and Technologies (en français : l’université des Sciences et des Technologies de Dakar), fait de l’innovation son mantra. Un principe aussitôt enseigné aux dizaines d’étudiants que l’institut privé forme, une fois admis au sélectif concours d’entrée.
« DAUST est une université américaine qui mise sur la pratique. Tous les étudiants ont des projets. Toutes ces œuvres que vous voyez ici sont des projets d’étudiants », indique Mouhamed Diop, responsable du laboratoire mécanique.

Bleu comme le ciel et blanc comme la pureté et la sagesse, les murs de l’université privée s’érigent sur trois étages. Trois niveaux divisés en trois ateliers : mécanique, électronique et informatique.
Des officines, où les étudiants sont mis à l’épreuve de la pratique. Brice Kébéré, responsable des projets à DAUST, a intégré l’université, après deux années dans un institut privé. « Quand j’arrive à DAUST, je me suis rendu compte que moi, étudiant de la troisième année, avec toute la théorie acquise, je vois des apprenants de la première année faire des trucs exceptionnels que je ne peux pas faire. Et c’est ainsi que j’ai remarqué la différence entre le système francophone et celui anglophone, qui s’appuie vraiment sur la pratique », retrace-t-il.
Mouhamed Diop a connu l’expérience de la pratique. L’ingénieur mécanique a lui aussi étudié à DAUST. Lunettes bien accrochées, il inspecte encore son tracteur. Utilisé pour l’agriculture, cet engin à deux roues aux couleurs noire, blanc et rouge est alimenté par un moteur. Le responsable du laboratoire mécanique a hérité de ce projet, durant son cursus à DAUST. « Avant moi, il y avait deux étudiants qui étaient dessus. Mais avec mes expertises et ce que j’ai appris à DAUST, je suis parvenu à tout redesigner. Cela m’a pris une année pour avoir tout ce prototype », indique-t-il.

Agriculture, élevage, les réalisations des étudiants embrassent divers secteurs d’activité. Au cœur du laboratoire mécanique, plusieurs innovations prennent vie, surtout dans le domaine de la navigation maritime. Ici, des étudiants de la 2ème année travaillent sur la construction d’un navire de surface sans équipage. Piloté par le biais de l’intelligence artificielle, cette invention est destinée à répondre aux défis sécuritaires, liés à la surveillance des côtes sénégalaises.
« L’objectif est de créer quelque chose qui pourra être tout le temps à la surface de l’eau pour prendre des vidéos et de surveiller ce qui se passe aux alentours. A DAUST, on a lancé la création de ce navire, afin de contrôler nos côtes à distance, à l’aide des téléphones ou des ordinateurs », précise Mouhamed Diop.
Après quelques pas d’escaliers, cap sur le premier étage, au laboratoire électronique, où les étudiants s’affairent à la réalisation de robots intelligents. C’est le cas de ce drone à six hélices. « Il a pour but de nettoyer les vitres des immeubles et des gratte-ciels. Il est équipé d’une pompe, reliée à une bassine à eau. Il s’envole, part en hauteur et commence à asperger un liquide savonneux pour nettoyer les vitres », explique Brice Kébéré.

Les étudiants de DAUST deviennent automatiquement opérationnels au terme de leurs études. Après une période de stage obligatoire de six mois dans des structures nationales, une bonne partie des apprenants se tournent ensuite vers l’entrepreneuriat. C’est à l’image de Mouhamed Mboup, qui vient de finir sa soutenance. « J’ambitionne de travailler pour moi-même. Parce que j’ai beaucoup de projets. Je prévois de mettre en place ma propre structure dans le domaine de l’agriculture, puisque c’est ma passion », prévoit-il.
A DAUST, les étudiants obtiennent le diplôme d’ingénieur après la formation. Une distinction arrimée au système américain. Ils ont donc la possibilité de poursuivre leurs études aux Etats-Unis.
Telle est la vision portée en 2017 par le fondateur de l’université privée qui a formé des dizaines d’étudiants. Maitre de Conférences au département de génie mécanique et des matériaux de l’université de Nébraska-Lincoln, le Dr. Sidy Ndao a eu pour vocation, de faire de DAUST, « la Sillycon Valley du Sénégal », en référence au principal pôle mondial de la haute technologie en Californie, aux Etats-Unis.


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