Une marginalisation et une discrimination des diplômés en langue arabe sur le marché du travail, c’est ce que dénonce leur président Dr. Souleymane Gadiaga.
Dans un plaidoyer intitulé « Pour une véritable politique d’insertion des diplômés en langue arabe au Sénégal » le président du Mouvement des arabophones du Sénégal considère que la politique d’insertion leur concernant doit être repensée.
« Depuis des années, de nombreux diplômés rencontrent d’immenses difficultés pour valoriser leurs qualifications sur le marché du travail, malgré la diversité et la richesse des compétences acquises », dénonce-t-il.
Selon Gadiaga, la gestion de diplômés en langue arabe est rattaché aux services en charge des affaires religieuses. Ce qui constitue une erreur, admet-il.
« Les affaires religieuses et l’insertion professionnelle répondent à deux logiques de gouvernance publique totalement distinctes », indique-t-il, ajoutant que dans un État laïque comme le Sénégal, limiter le champ d’action des arabophones au seul secteur religieux relève d’une incompréhension.
Le président du Mouvement est catégorique : « Un diplômé en langue arabe peut être diplomate, médecin, journaliste, informaticien, juriste, économiste, enseignant, mathématicien ou entrepreneur. La langue arabe est une compétence académique et professionnelle, elle ne constitue pas, à elle seule, une fonction religieuse. », explique-t-il.
Dr. Souleymane Gadiaga préconise ainsi le transfert pur et simple de cette politique d’insertion vers le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et Technique, afin d’aligner ces compétences sur les dispositifs nationaux d’orientation et de financement.
Le président du Mouvement des arabophones du Sénégal plaide également la mise en place d’une équipe pluridisciplinaire d’experts réunissant spécialistes de la formation, de l’emploi, du financement et cadres arabophones de terrain.
Comité qui aura pour mission, d’après lui, d’établir une cartographie précise des compétences, d’identifier les gisements d’emplois et de formaliser un suivi rigoureux des insertions.
Ce plaidoyer a été lancé dans le cadre d’un atelier national de réflexion sur les stratégies de renforcement de l’employabilité et de l’insertion des diplômés en langue arabe.
Une rencontre initiée par la Délégation générale aux Affaires religieuses et à l’insertion des diplômés en langue arabe de la Présidence de la République.
L’atelier, présidé par le ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle et Technique, Idrissa Samb, prend fin ce vendredi 04 septembre.

