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	<title>Archives des grève - Repères Magazine</title>
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	<title>Archives des grève - Repères Magazine</title>
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		<title>Ponction des salaires des enseignants: jusqu’où l’Etat peut-il aller ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 16:23:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La constitution du Sénégal en son article 25 permet à tout travailleur d’adhérer à un syndicat et défendre ses droits par l’action syndicale. Elle reconnait également à tout travailleur la liberté de créer des associations syndicales ou professionnelles de même que le droit de grève. Cependant, la charte fondamentale de notre pays précise bien que [...]</p>
<p>L’article <a href="https://reperesmagazine.com/2026/04/16/ponction-des-salaires-des-enseignants-jusquou-letat-peut-il-aller/">Ponction des salaires des enseignants: jusqu’où l’Etat peut-il aller ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://reperesmagazine.com">Repères Magazine</a>.</p>
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<p><strong>La constitution du Sénégal en son article 25 permet à tout travailleur d’adhérer à un syndicat et défendre ses droits par l’action syndicale. Elle reconnait également à tout travailleur la liberté de créer des associations syndicales ou professionnelles de même que le droit de grève. Cependant, la charte fondamentale de notre pays précise bien que le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le régissent. Pour l’Etat, les enseignants ont abusé de leur droit. C’est la raison pour laquelle, les autorités ont procédé à des retenues sur salaire. Une mesure jugée abusive par les enseignants. Mais que dit réellement la loi ? Pour régler cette question, il convient de regarder certaines dispositions du code du travail qui tranchent le débat. </strong></p>



<p>La lecture du chapitre II du Code du Travail, qui traite des différents entre travailleurs et employeurs, permet de se faire une opinion concernant le différend qui oppose les autorités et les syndicats d’enseignants.</p>



<p>L’article 272 du code du travail impose à la partie la plus diligente de notifier le différend au Directeur général du Travail et de Sécurité sociale lorsque le conflit s&rsquo;étend sur les ressorts de plusieurs Inspections régionales du Travail et de Sécurité sociale. A partir de ce moment, une procédure de conciliation de 10 jours est prévue par les dispositions de l’article 273 du code du travail pour permettre aux deux parties de s’entendre. Si cela n’aboutit pas ou n’est pas constatée, le droit de grève devient licite après un préavis de 30 jours. Chaque étape de cette procédure ayant été respectée par les enseignants, ces derniers sont juridiquement protégés contre la perte de leur emploi. Néanmoins, Abdou Faty, membre du G7 qui regroupe les principaux syndicats d’enseignants, avoue que la retenue sur salaire correspondant aux jours de grève n’est pas illégale. Au contraire, comme l’a expliqué le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, même si le droit de grève reste et demeure un droit fondamental des travailleurs, cet arrêt de travail entraîne également la suspension du salaire correspondant. &nbsp;D’ailleurs, les autorités peuvent aller plus loin en invoquant le principe de la continuité du service public en procédant à des réquisitions. &nbsp;A ce propos, les dispositions de l’article 276 du code du travail sont on ne peut plus clair&nbsp;: «&nbsp;L&rsquo;autorité administrative compétente peut, à tout moment procéder à la réquisition de ceux des travailleurs des entreprises privées et des services et établissements publics qui occupent des emplois indispensables à la sécurité des personnes et des biens, au maintien de l&rsquo;ordre public, à la continuité des services publics ou à la satisfaction des besoins essentiels de la nation.&nbsp;»</p>



<p>L’Etat a donc un moyen de pression pour obliger les enseignants à revenir dans les salles de classe en procédant à des retenues sur salaire. Les autorités peuvent même aller plus loin en procédant à des réquisitions au nom du principe de la continuité du service public.</p>



<p></p>
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		<title>Crise éducative: la non tenue des réunions du comité de suivi des accords dénoncée par Cheikh Mbow</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Apr 2026 13:15:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cet entretien exclusif accordé au magazine Repères, Cheikh MBOW se prononce sur la grève des enseignants, la réforme de l’entrée en sixième et les recommandations issues des assises de l’enseignement supérieur. Pour le Directeur exécutif de la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Education Publique, le droit, à lui seul, ne [...]</p>
<p>L’article <a href="https://reperesmagazine.com/2026/04/14/crise-educative-si-le-comite-de-suivi-des-accords-de-2022-se-reunissait-periodiquement-cela-nous-aurait-certainement-epargne-de-ces-turbulences/">Crise éducative: la non tenue des réunions du comité de suivi des accords dénoncée par Cheikh Mbow</a> est apparu en premier sur <a href="https://reperesmagazine.com">Repères Magazine</a>.</p>
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<p><strong><strong>Dans cet entretien exclusif accordé au magazine Repères, Cheikh MBOW se prononce sur la grève des enseignants, la réforme de l’entrée en sixième et les recommandations issues des assises de l’enseignement supérieur. Pour le Directeur exécutif de la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Education Publique, le droit, à lui seul, ne suffit pas à régler une crise. Il préconise d’instaurer un climat de dialogue et de confiance pour sauver l’année scolaire et universitaire.</strong></strong></p>



<p><strong>Pensez-vous que la grève des enseignants est justifiée&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Ils justifient la légitimité de leur grève par la léthargie du comité de suivi des accords de février 2022 pour lequel nous assurons la vice-présidence. Si le comité se réunissait périodiquement, cela nous aurait certainement épargné de ces turbulences. La non-tenue à temps des rencontres sectorielles est aussi un argument qui vient renforcer leur posture&nbsp;; ces rencontres auraient aidé à adresser des engagements pris par exemple, avec l’urbanisme, les finances, etc. »</em></p>



<p><strong>Depuis quand le comité s’est réuni pour la dernière fois et pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Les rencontres du comité devaient se tenir tous les deux mois sur convocation de son président qui est le Ministre de la Fonction publique. Seules deux ou trois réunions ont eu lieu depuis la mise du pied du comité. Le gouvernement se focalise plus sur le comité de pilotage du pacte social. Or, c&rsquo;est un pacte entre le Gouvernement, le patronat et les centrales syndicales. Alors que plusieurs syndicats ne sont affiliés à aucune centrale syndicale. Donc, ils ne sentent pas concernés par le pacte. D’autres sont certes membres de centrales syndicales mais ils avaient fustigé le pacte. Il est important donc d&rsquo;avoir un dispositif de suivi sectoriel. »</em></p>



<p><strong>Quel est votre avis sur la ponction des salaires&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Sur le plan du droit, l’État peut considérer qu’un jour non travaillé ne peut pas être rémunéré, tandis que les enseignants disposent également du droit constitutionnel de grève. Mais le droit, à lui seul, ne suffit pas à régler une crise aussi sensible. Les ponctions peuvent durcir les positions et radicaliser les acteurs, alors que nous avons besoin d’apaisement et de dialogue. » </em><em></em></p>



<p><strong><em>Les enseignants ont décidé de dérouler un nouveau plan d’actions malgré les ponctions de salaires. </em></strong><strong>S’achemine<em> –t-on vers une année blanche&nbsp;?&nbsp;</em></strong></p>



<p><em>«&nbsp;Parler d’année blanche à ce stade serait prématuré. Le Sénégal a déjà traversé des moments de tension dans le système éducatif et, grâce aux efforts conjoints des acteurs, l’année scolaire a pu être sauvée. Toutefois, la situation reste préoccupante avec plus de 150 heures déjà perdues combinées à la quinzaine de jours de fête à venir (ndlr&nbsp;: les fêtes de Pacques), en plus du </em><em>boycott des évaluations qui fragilise la régulation pédagogique</em><em>. »</em></p>



<p><strong>Quelles solutions pour sortir de la crise&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Il est essentiel que le gouvernement et les syndicats d’enseignants se retrouvent autour d’une table, en présence de facilitateurs crédibles, pour acter les efforts consentis et identifier des perspectives réalistes sur les points d’achoppement.</em><em>Un accord minimal et immédiat doit être signé pour recréer la confiance et garantir le retour au fonctionnement normal de l’institution scolaire.</em></p>



<p><strong><em>«&nbsp;</em></strong><strong><em>Face à la complexité de la situation, l</em></strong><strong><em>e Chef de l’Etat pourrait échanger directement avec la communauté éducative afin d’apaiser les tensions.&nbsp;»</em></strong></p>



<p><em>Ensuite, il faut restaurer la confiance. Cela passe par une communication institutionnelle responsable, transparente et régulière mais aussi des réponses politiques portées par les plus hautes autorités pour rassurer les acteurs et partenaires.Face à la complexité de la situation, l</em><em>e Chef de l’Etat pourrait échanger directement avec la communauté éducative afin d’apaiser les tensions. De même, le Premier Ministre pourrait conduire personnellement le dispositif de monitoring, en tant que coordonnateur de l’action gouvernementale.</em></p>



<p><em>Enfin, il faut privilégier l’apaisement, dans la période. »</em></p>



<p><strong>Le système éducatif est miné depuis plusieurs années par des grèves. Qu’est ce qui explique cette situation selon vous&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Les grèves récurrentes dans le système éducatif s’expliquent par plusieurs facteurs. D’abord, il y a des revendications liées aux conditions de travail des enseignants, à la gestion des carrières, à l’application d’accords signés avec l’État, à l’exigence de plus de justice dans le traitement des agents de l’Etat. Lorsque ces questions ne trouvent pas de solutions profondes, elles reviennent régulièrement dans l’espace de négociation.</em></p>



<p><em>Ensuite, il y a aussi un problème structurel de gouvernance du système éducatif. Souvent, les crises, impliquant plusieurs ministères, sont gérées dans l’urgence plutôt que dans l’anticipation, ce qui fait que les tensions s’accumulent au fil des années.</em></p>



<p><em>Par ailleurs, le dialogue social n’est pas toujours suffisamment régulier et efficace. Lorsqu’il y a un déficit de confiance entre les acteurs, les conflits ont tendance à se répéter. C’est pourquoi il est important, au-delà de la gestion ponctuelle des crises, d’engager des réformes plus profondes pour stabiliser durablement le système éducatif et garantir la continuité des enseignements-apprentissages.&nbsp;»</em></p>



<p><strong>L’université aussi n’est pas épargnée par les crises. Que pensez-vous de la réforme du décret de 2014 voulue par les nouvelles autorités&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;L’expérience montre que les réformes imposées sans concertation peuvent créer de nouvelles tensions. Il est donc important, dans tout le processus, d’impliquer les enseignants, les étudiants, les autorités universitaires et les partenaires afin de construire un consensus. L’enjeu, au-delà du décret, est de renforcer durablement le système d’enseignement supérieur au Sénégal, pour qu’il puisse répondre aux attentes des jeunes et aux besoins de développement du pays.&nbsp;»</em></p>



<p><strong>Vous avez assisté à la présentation des 80 recommandations issues du rapport sur la réforme de l’enseignement supérieur. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur la teneur des recommandations&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Elles abordent des questions essentielles comme la gouvernance des universités, la qualité de l’enseignement et de la recherche, le financement du secteur, mais aussi l’adéquation entre les formations et les besoins du marché de l’emploi. Ce qui ressort également, c’est la volonté de moderniser le système universitaire pour mieux répondre aux réalités actuelles, notamment la massification des effectifs, la nécessité d’innover dans les méthodes d’apprentissage et le renforcement du lien entre l’université et le développement économique et social du pays.</em></p>



<p><strong><em>«&nbsp;La réforme de l’enseignement supérieur ne peut réussir que si elle est portée collectivement et si elle s’inscrit dans une vision claire de l’avenir de l’université sénégalaise.&nbsp;»</em></strong></p>



<p><em>Mais au-delà du contenu des recommandations, la question centrale reste celle de leur mise en œuvre, en bonne articulation avec les autres secteurs. L’expérience montre que plusieurs concertations ont produit des propositions pertinentes par le passé, sans toujours déboucher sur des réformes concrètes ou durables. »</em></p>



<p><strong>Que pensez-vous de la réforme de l’entrée en sixième&nbsp;?</strong></p>



<p><em>«&nbsp;Il faut reconnaitre que le concours d’entrée en 6<sup>ème</sup> n’était plus ce concours sélectif au bout duquel l’on retenait les meilleurs. Aujourd’hui, l’on trouve bon nombre d’élèves en 6<sup>ème</sup> sans le niveau requis. Avec cette réforme, le critère de sélection n&rsquo;est plus un « quota » de places disponibles au niveau national, mais la réussite à l’examen du CFEE et la performance dans le cycle élémentaire. La Coalition plaide pour que soit restitué aux enseignants le pouvoir de décider, au plan pédagogique, du parcours de leurs élèves. <a>»</a></em></p>
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		<title>Education: une proposition de sortie de crise sur la table</title>
		<link>https://reperesmagazine.com/2026/04/10/education-une-proposition-de-sortie-de-crise-sur-la-table/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 17:16:48 +0000</pubDate>
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<p>Le climat conflictuel qui prévaut actuellement dans le système éducatif inquiète au plus haut point la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l&rsquo;Education publique. La COSYDEP pense que l&rsquo;État et les syndicats d&rsquo;enseignants gagneraient à renouer le fil du dialogue pour sauver ce qui reste de l&rsquo;année scolaire. Pour l&rsquo;organisation de la société civile, « les stratégies de dénigrement, de confrontation et de dialogue de sourds doivent être bannies. Le bras de fer actuel entre le gouvernement (droit de ponctions salariales) et les enseignants (droit de grève) se fait au détriment des élèves (droit à l’éducation). Il urge d’apprendre des traumatismes vécus en 1988 avec une « année blanche » et en 1994 avec une « année invalide », suite à des manifestations d’élèves et d’étudiants », rappelle Cheikh Mbow et compagnie. Pour eux, il appartient à la majorité jusqu’ici silencieuse des citoyens, sans considération aucune d’appartenance ou d’intérêt catégoriel, de se lever pour sauver l’année et exiger du gouvernement et des syndicats de s’entendre pour enfin sauver l’école. La COSYDEP esquisse même des propositions de sortie de crise en demandant au gouvernement d&rsquo;annuler les ponctions sur les salaires, d&rsquo;appliquer les accords de base et planifier le règlement des points résiduels. Pour ce qui est des syndicats, la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l&rsquo;Education publique leur suggère de signer l’accord minimal, de suspendre les grèves et accepter un plan de rattrapage rigoureux du quantum horaire.</p>



<p></p>
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		<title>Université Sénégalaise: pour une introspection collective et une paix durable</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 11:42:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’université sénégalaise traverse, depuis plusieurs années, des turbulences récurrentes. Les tensions entre étudiants, autorités académiques et pouvoirs publics surgissent périodiquement, compromettant le climat d’apprentissage, fragilisant l’image de nos institutions et hypothéquant l’avenir de milliers de jeunes. Des établissements emblématiques comme l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Gaston Berger ou encore l’Université Alioune Diop de [...]</p>
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<p><strong>L’université sénégalaise traverse, depuis plusieurs années, des turbulences récurrentes. Les tensions entre étudiants, autorités académiques et pouvoirs publics surgissent périodiquement, compromettant le climat d’apprentissage, fragilisant l’image de nos institutions et hypothéquant l’avenir de milliers de jeunes. Des établissements emblématiques comme l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’Université Gaston Berger ou encore l’Université Alioune Diop de Bambey ont, à différents moments, été le théâtre de crispations qui traduisent un malaise plus profond que les revendications ponctuelles. Mais au-delà des faits, une question essentielle s’impose : avons-nous collectivement fait notre introspection ?</strong></p>



<p>L’apaisement commence par une vérité simple : il n’y a pas un seul responsable. L’université est un investissement stratégique, non une charge budgétaire. Les retards dans les paiements, l’insuffisance d’infrastructures, la massification non maîtrisée et les lenteurs administratives alimentent la frustration. Une planification rigoureuse, transparente et anticipative est indispensable. C’est pour cette raison que l’élaboration de l’Agenda national de transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ANTESRI) ainsi que les rencontres initiées pour la révision du décret n° 2014-963 du 12 août 2014 sont à saluer.</p>



<p><strong>Aux autorités académiques</strong></p>



<p>La gouvernance universitaire exige écoute, communication et pédagogie. Le déficit de dialogue ou la rigidité dans la gestion des crises peuvent transformer des tensions gérables en conflits ouverts.</p>



<p><strong>Aux Forces de Défense et de Sécurité</strong></p>



<p>Le maintien de l’ordre ne saurait être source de désordre, de bastonnade, de destruction de biens appartenant à autrui et de répression sévère comme ce fut le cas ces dernières années et notamment lors des manifestations du 09 février à l’UCAD.</p>



<p><strong>Aux étudiants</strong></p>



<p>La revendication est un droit. Mais la violence, l’intimidation, la destruction de biens publics ou la perturbation systématique du calendrier académique compromettent votre propre avenir. Bouder une réunion durant laquelle il est possible de consigner ses avis, accords et désaccords, n’est pas digne de ceux qui aspirent à devenir les futurs dirigeants de ce pays. La rue ne peut devenir l’unique espace d’expression universitaire.</p>



<p><strong>Aux parents et à la société</strong></p>



<p>L’université reflète notre société. Si la société banalise l’irrespect, la défiance et l’impulsivité, l’université en sera le miroir. Nous avons formé des générations à l’accumulation des savoirs, mais avons-nous suffisamment formé à la maîtrise de soi ? L’intelligence émotionnelle, cette capacité à reconnaître, comprendre et gérer ses émotions et celles des autres, devient aujourd’hui un impératif national. Elle implique la gestion de la frustration, l’écoute active, la capacité à négocier sans agresser, la maîtrise du langage et du comportement, le respect des divergences. Une communauté universitaire émotionnellement mature est une communauté capable de transformer la colère en proposition et la revendication en dialogue constructif. Il urge d’introduire dans les curricula des modules de formation sur l’intelligence émotionnelle et le développement personnel pour que l’université ne se limite plus à inculquer des savoirs et des savoir-faire mais surtout des savoir-être et savoir- devenir.</p>



<p><strong><em>Justice et respect : les piliers d’une paix durable</em></strong></p>



<p>Il ne peut y avoir de paix sans justice. Il ne peut y avoir d’autorité sans respect. Il ne peut y avoir de respect sans exemplarité. La justice suppose l’équité dans le traitement des dossiers, la transparence dans la gestion, la sanction des abus, d’où qu’ils viennent. Le respect suppose le respect des institutions, le respect des personnes, le respect des engagements. La violence affaiblit tout le monde. La justice élève tout le monde.</p>



<p><strong><em>Pour une nouvelle culture universitaire</em></strong></p>



<p>L’université sénégalaise doit devenir un espace de débat, non de confrontation&nbsp;; un lieu d’excellence, non d’instabilité&nbsp;; un creuset de leadership responsable. Il est temps d’instaurer des cadres permanents de dialogue étudiants-autorités, des modules obligatoires sur la citoyenneté, l’éthique et l’intelligence émotionnelle, des mécanismes de médiation indépendants, une culture de redevabilité partagée</p>



<p><strong><em>L’introspection comme acte de courage</em></strong></p>



<p>L’introspection n’est pas une faiblesse. C’est un acte de maturité collective. Chaque acteur doit se poser trois questions simples : ai-je respecté l’institution ? Ai-je respecté l’autre ? Ai-je contribué à la solution ou au problème ? La paix durable ne viendra pas d’un décret. Elle naîtra d’un changement de posture.</p>



<p><strong><em>Choisir l’élévation</em></strong></p>



<p>Le Sénégal a toujours fait de l’éducation un pilier de son développement. L’université ne doit pas devenir un champ de bataille, mais rester un sanctuaire du savoir. Apaiser la situation exige responsabilité, intelligence émotionnelle et culture de justice.<br>C’est à ce prix que nous préserverons l’avenir de notre jeunesse et la stabilité de notre nation. La paix universitaire n’est pas l’absence de revendications. C’est la capacité à les exprimer sans se détruire.</p>



<p>Mame Diarra Diop</p>



<p></p>
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		<title>Revendication des enseignants: une grève sans fin</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 11:22:29 +0000</pubDate>
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<p><strong>Le débrayage et les grèves des syndicats d’enseignants dans la première quinzaine du mois de janvier 2026 ont déjà annoncé la couleur. Cette année aussi sera marquée par des remous dans le secteur éducatif alors que le bout du tunnel pour sortir de ce cercle vicieux semble s’éloigner de plus en plus. La signature d’un pacte de stabilité sociale n’a fait que retarder l’inéluctable. En effet, l’école sénégalaise est train de renouer avec ses vieux démons ; en cause, le respect des accords signés avec le gouvernement en 2022. </strong></p>



<p>Les syndicats reconnaissent que l’Etat a fait des efforts pour la satisfaction de certaines revendications. Sur les questions financières par exemple, il y a eu une revalorisation des salaires. Aussi, il y a eu des avancées dans le paiement des crédits au logement et un engagement fort a été pris par le gouvernement pour une révision du système de rémunération dans la fonction publique. L&rsquo;État s&rsquo;était engagé également à accélérer le paiement des rappels avec une imposition raisonnable. Il en avait fait de même concernant l’accélération du paiement des crédits au logement. Sur le plan statutaire, l&rsquo;État s&rsquo;était engagé à régulariser les enseignants décisionnaires. Les décisionnaires sont des enseignants qui ont eu leur diplôme professionnel après l&rsquo;âge de 35 ans. Ils cotisent au niveau de l’Ipress et reçoivent à leur retraite des pensions inférieure à 100000fcfa contrairement aux autres enseignants qui ont eu leur diplôme professionnel avant l&rsquo;âge de 35 ans qui sont logés au Fond national de retraite (FNR) et ont une pension intégrale à la retraite.&nbsp; Même s&rsquo;il faut noter une avancée pour certains enseignants qui ont vu le décret prendre en charge leurs préoccupations, la grande majorité attend d&rsquo;être satisfaite par un autre décret pour la revalorisation de leurs pensions. Sur le plan de la carrière, les lenteurs administratives continuent et persistent, au point que des enseignants restent cinq ans sans changement de situation administrative. Par rapport à la situation sociale, des parcelles à usage d&rsquo;habitation ont été octroyées depuis plus de 10 ans aux enseignants à Dakar et Ziguinchor, mais hélas, l&rsquo;État tarde à libérer les titres d&rsquo;occupation.</p>



<p>Les syndicats d’enseignants exigent aujourd’hui des réponses concrètes des autorités sur, entre autres, le parachèvement de la digitalisation des actes et procédures de la fonction publique, le relèvement substantiel des pensions de retraite des enseignants non-fonctionnaires ainsi que l’accès aux amputations budgétaires, l’équité salariale dans la fonction publique et la fin de la surimposition des rappels des enseignants, le paiement des indemnités des intervenants extérieurs des CRFPE et des enseignants des LYNAQE, le parachèvement de la formation diplômante des enseignants, l’effectivité de l’académisation du BFEM, la délivrance des parcelles et titres de propriété, le relèvement optionnel de la retraite des enseignants à 65 ans, la révision du décret 2022-1568 ou la mise en place dans le court terme de dispositions transitoires assurant la prise en charge financière des inspecteurs de la supervision des examens scolaires.</p>
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		<title>Tensions autour des bourses: la racine du mal</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 13:24:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’origine, la politique d’octroi des bourses au Sénégal était sélective et limitée. La priorité était donnée aux étudiants méritants ou devant poursuivre leurs études hors du pays. Le mouvement étudiant de 1968 marque cependant une date charnière. Les autorités, pour faire face aux tensions liées à l’augmentation des effectifs et aux contraintes budgétaires, ont [...]</p>
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<p><strong>A l’origine, la politique d’octroi des bourses au Sénégal était sélective et limitée. La priorité était donnée aux étudiants méritants ou devant poursuivre leurs études hors du pays. Le mouvement étudiant de 1968 marque cependant une date charnière. Les autorités, pour faire face aux tensions liées à l’augmentation des effectifs et aux contraintes budgétaires, ont été obligées de formaliser le cadre administratif des allocations d’études. Il faudra néanmoins attendre jusqu’en 2014 pour avoir enfin un cadre juridique principal qui encadre les allocations d’études dans l’enseignement supérieur.</strong></p>



<p>Les bourses d’études au Sénégal étaient, après les indépendances, réservées à une élite. Ce qui pouvait se comprendre puisque le système hérité de la colonisation n’avait permis jusque-là qu’à une infime partie de la population d’avoir la chance de fréquenter l’école. Les effectifs de l’université ont, cependant, commencé à croître à la suite de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Ce qui va déboucher sur le mouvement étudiant de 1968 contre notamment une réforme du baccalauréat qui diminuait les bourses d’études des étudiants.</p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Les manifestations estudiantines de 1968, un tournant </strong></p>



<p>La contestation de mai 1968 a fait chanceler le pouvoir de feu Léopold Sédar Senghor. Ses successeurs, conscients que la question des allocations d’études peut provoquer des tensions sociales à même de faire tomber leur régime, vont ainsi tenter d’anticiper les futurs problèmes en essayant de formaliser le cadre administratif. Le président Abdou Diouf, qui sera confronté au même problème dans les années 90, va, de ce fait, prendre le décret D/92/014 du 4 janvier 1992 portant attribution des bourses d’études supérieures pour l’année 1991-1992 à des personnes nommément désignées selon les crédits inscrits au budget de l’Etat. C’est sous le magistère d’Abdoulaye Wade que l’arrêté numéro 9340 du 26 octobre 2010 crée la commission nationale d’attribution des bourses sociales. Il faudra attendre jusqu’en 2014 avec l’avènement de Macky Sall au pouvoir pour avoir un cadre normatif global dans un contexte marqué par la contestation estudiantine qui va découler sur la mort de Bassirou Faye le 14 août. </p>



<p class="has-text-align-center"><strong>Le décret numéro 2014-963 du 12 août 2014</strong>, <strong>texte de référence</strong></p>



<p>Le décret numéro 2014-963 du 12 août 2014 constitue aujourd’hui le texte de référence structurant le régime juridique des bourses universitaires au Sénégal. Il marque un tournant dans la gouvernance des allocations d’études dans notre pays avec un cadre normatif structuré et unifié. Il y a eu dès lors une différence fondamentale dans la démarche qui se basait surtout sur des pratiques administratives, des textes dispersés et des arrêtés ministériels. Il consacre deux commissions : la commission compétente pour l’attribution et le renouvellement des bourses d’excellence, des bourses pédagogiques, des bourses de mobilité et des bourses de coopération et la commission compétente pour l’attribution et le renouvellement des bourses sociales et des aides. Avec son entrée en vigueur, la bourse n’est plus quasi automatique mais elle est désormais soumise à des critères académiques et sociaux clairement définis. </p>



<p>C’est le décret de 2014 qui est aujourd’hui remis en question. Le moment est-il venu de le réformer ? L’Etat veut un texte adapté qui permet de mieux gérer les ressources qu’il mobilise chaque année pour le paiement des bourses et motiver l’excellence dans nos universités. En 2025, environ 105 milliards de FCFA ont été mobilisés pour les bourses contre plus de 90 milliards déboursés en 2024.</p>
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