Chaque année c’est le même film. Et chaque année il finit mal. Nos bacheliers affrontent l’orientation. Les plateformes saturent. Les serveurs plantent. Résultat : des milliers de non orientés restent sur le carreau.
Des enfants avec un bac en poche, mais sans avenir en face. Et pendant que l’État cherche des solutions, le marché de la désespérance s’ouvre. Grand ouvert.
CHOISIR L’ÉDUCATION, PAS LA FACILITÉ.
C’est là que débarquent les centres de formations bidon.
Les « universités » qui n’ont ni campus, ni bibliothèque, ni profs permanents. Juste un local climatisé, une secrétaire, et un grand panneau « inscription en cours. Ils leurrent les parents. Ils illusionnent les enfants.
Ils vendent du rêve à crédit et du diplôme au rabais. « Venez, on vous prend sans concours. Venez, diplôme garanti en 6 mois. Venez, vous serez ingénieur, manager, expert en tout. »
Combien coûtent ces illusions ? 800 000. 1 million. Parfois la terre du père. Et à la sortie ? Rien. Des diplômes sans agrément.
Des compétences sans valeur. Des jeunes endettés, découragés, qui finissent par scroller toute la journée en se demandant où ils se sont trompés.
On leur a fait croire que la formation était une formalité. On leur a menti. Le plus grave : l’État ferme les yeux. Les collectivités regardent ailleurs.
Le privé se frotte les mains. Et on continue de traiter la formation professionnelle comme un plan B. Comme la poubelle de l’orientation.
Erreur fatale. Pour 70% de notre jeunesse, la formation professionnelle n’est pas un plan B. C’est le plan A. Le Sénégal n’a pas besoin de jeunes qui savent juste scroller ou « influencer ».
Il a besoin de jeunes qui savent construire. Souder. Programmer. Soigner. Cultiver. Entreprendre. Il faut multiplier les passerelles. Il faut que l’État contrôle, agrée, sanctionne. Il faut que les collectivités investissent dans des Centres de Formation Agricoles publics crédibles. Il faut que le privé arrête de vendre du vent et commence à former.
Aux parents : méfiez-vous. Un vrai diplôme a une adresse, un agrément, des anciens élèves.
Aux jeunes : vous méritez mieux que des promesses. Vous méritez des compétences, des chances, et le respect.
A nous, adultes, décideurs, parents, médias, de choisir.
Le choix de la responsabilité. Le choix de l’exigence. Le choix de l’avenir. Parce que laisser un bachelier tomber dans les bras d’un marchand de diplômes, ce n’est pas de l’orientation. C’est de l’abandon.
Le Directeur Général, Siré NDONGO

![[Le mot du DG] / Le vrai goulot : Orienter, pas abandonner.](https://reperesmagazine.com/wp-content/uploads/2026/07/SIRE.jpg)