L’école sénégalaise a officiellement ouvert ses portes, ces 5 octobre pour le corps enseignant et le 12 pour les élèves. Après 3 mois de vacances, c’est une nouvelle ère pour les élèves qui auront passé la classe supérieure et les soldats de la craie, engagés à servir. Une rentrée scolaire en eaux troubles cependant, avec une pluviométrie débordante et les syndicats d’enseignants, qui n’excluent pas de perturber l’année académique 2026 – 2027.
Le top départ pour l’ouverture de l’école est lancé le lundi 5 octobre 2026, avec la rentrée des enseignants. Une ouverture plus ou moins perturbée sur l’ensemble du territoire national, avec de fortes pluies dimanche 4 octobre, ayant entraîné des inondations dévastatrices, notamment dans plusieurs localités de Dakar.
Nonobstant cette épreuve, le calendrier académique, déjà déterminé par le ministère de l’Éducation nationale, reste intact. Moustapha Mamba Guirassy, avait, en effet, fixé la rentrée des enseignants au lundi 5 octobre. Celle des plus de 4 millions d’élèves est, quant à elle, établie au mercredi 7 octobre 2026.
« veiller au bon déroulement des enseignements en préservant la stabilité sociale ».
Un calendrier scolaire précis, qui repose sur des exigences opérationnelles strictes, c’est ce qu’a exigé le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye. Mercredi 30 septembre 2026, en Conseil des ministres, le Président de la République a demandé au Gouvernement de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une bonne rentrée scolaire.
Ce, « en veillant au bon déroulement des enseignements et apprentissages et en préservant la stabilité sociale ».
Le chef de l’État a insisté aussi sur l’urgence d’accélérer la réalisation des projets de construction scolaire et de réhabilitation des salles de classe. Il a aussi instruit au Gouvernement de veiller à l’éradication des abris provisoires, afin d’asseoir un système scolaire, basé sur l’équité, la performance, l’inclusion et la stabilité sociale.
Sur la réforme du système éducatif
Le Président Bassirou Diomaye Faye « instruit également de veiller à la réforme concertée et adaptée des curricula et du cadre d’orientation des élèves ». Ceci permettra, selon lui, d’accentuer la transformation et le renouveau de l’École, avec la montée en puissance du numérique, la régulation des réseaux sociaux et le développement de la formation professionnelle et technique.
Sur ce point, il invite à une réflexion stratégique sur l’adaptation des méthodes d’enseignement et d’apprentissage, l’actualisation de la carte scolaire et la promotion de l’excellence. Bassirou Diomaye Faye a demandé, par ailleurs, la poursuite des concertations en vue d’une régulation globale et d’un contrôle renforcé de l’enseignement privé dans toutes ses composantes.
Peu avant le Chef de l’État, c’était le Premier ministre qui avait convoqué un Conseil interministériel consacré à la préparation de l’année académique 2026 – 2027.
Le chef du gouvernement a, à l’issue de la rencontre, rendu public 27 mesures pour une rentrée scolaire réussie, parmi lesquelles la mise en œuvre du plan d’actions pour la modernisation du système éducatif.
Mais aussi l’accélération de la construction de 2.500 salles de classe, la finalisation d’ici fin décembre du foncier pour 12 LYNAQE, 46 écoles élémentaires, 46 C.E.M et 46 lycées, de même que l’achèvement des chantiers universitaires et la livraison de 50 Cases des Touts-Petits (CTP).
Entre autres mesures, le renforcement de l’enseignement des STEM, la finalisation de la réforme du Baccalauréat et l’agenda ANTESRI, au plus tard le 30 janvier 2027, tout comme la validation de la Politique Linguistique National et l’expansion du Modèle d’Enseignement Bilingue (MOHEBS).
Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo a également annoncé des directives pour une prise en charge de la problématique de l’état civil. Il a aussi ordonné l’organisation d’un forum national sur l’éducation inclusive au premier semestre, tout comme la régularisation de l’état civil des élèves avant fin janvier 2027.
« Ubbi tey jàng tey doit être effectif partout où les conditions le permettent »
Faire de l’année académique 2026 – 2027 une réussite, c’est l’ambition que porte l’ensemble des acteurs de l’école. Un succès qui doit, de prime abord, retentir à la rentrée scolaire du 12 octobre 2026.
Selon la Coalition des Organisations en Synergie pour la Défense de l’Éducation Publique (COSYDEP), une mobilisation citoyenne s’impose, une solidarité effective autour de l’école et l’application des directives du conseil interministériel tenu le 02 octobre dernier.
Pour l’organisation, il importe d’« encourager les leaders politiques, religieux et communautaires, les célébrités et porteurs de voix, les entreprises et les fondations à soutenir les campagnes “setal sama Ekol”, “deloo njukel sama Ekol”, “ubbi tey jàng tey”… “ubbi tey jàng tey” doit être effectif partout où les conditions le permettent ».
Face aux menaces des syndicats d’enseignants réunis autour du G7, l’Union Nationale des Associations de Parents d’Élèves et d’Étudiants du Sénégal (UNAPEES) appelle à encourager le dialogue.
« Nous lançons un appel aux syndicats. Qu’ils attendent que la rentrée soit effective, sans risque de perturbation. Il existe des cadres de règlement et de suivi des protocoles d’accord. Nous ne pouvons pas accepter que nos enfants soient des victimes de problèmes qui ne les concernent pas », clame Abdoulaye Fané, président de l’UNAPEES, joint par REPÈRES.
Par Moustapha Diakhité

